19.06.2017, 23:08

Vingt-deux, voilà la police militaire

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Vingt-deux, voilà la police militaire

 19.06.2017, 23:08 Vingt-deux, voilà la police militaire

Par david vaquin

Le vrombissement des jets de combat des forces aériennes suisses va être remplacé prochainement par les coups de sifflet des soldats de la police militaire. Ainsi en a décidé l’armée dans son plan de développement. Exit la base aérienne de Sion, sauf dans une version d’aéroport de dégagement, et place à une arme complète avec tout ce que cela...

Le vrombissement des jets de combat des forces aériennes suisses va être remplacé prochainement par les coups de sifflet des soldats de la police militaire. Ainsi en a décidé l’armée dans son plan de développement. Exit la base aérienne de Sion, sauf dans une version d’aéroport de dégagement, et place à une arme complète avec tout ce que cela implique: deux écoles de recrues, une unité de soldats en service long et une structure de commandement. En termes de personnel et de logistique la différence va être assez considérable et elle touchera tout le Valais central et même le Haut-Valais.

Le colonel EMG Yves Gaillard, par ailleurs conseiller communal à Ardon, est chargé de préparer l’arrivée de toute cette troupe qui était auparavant installée un peu partout en Suisse. Il nous dresse un état des lieux.

Cantonnements

La police militaire déposera ses valises aux casernes de Sion, marquant le retour d’une école de recrues après le départ de l’artillerie pour tout ce qui concerne la formation. Des compagnies seront aussi logées dans les abris de Chamoson et de Savièse tandis que ceux de Saint-Léonard sont prêts en cas de besoin. Une compagnie en service long sera également présente.

La conduite de la composante professionnelle ira à la base aérienne soit dans le bâtiment situé directement après le portail (actuel centre de commandement de la base aérienne) soit dans le bâtiment qui sert actuellement de centre de formation aux pilotes.

Places d’exercices

L’arrivée de tous ces moyens aura aussi des conséquences au niveau des besoins en places d’exercices. La piste de Tourtemagne servira pour la formation à la conduite. Pra-Bardy sera davantage utilisé et les anciens arsenaux sédunois des Iles, près des campings, seront transformés en centre d’entraînement tactique. Deux dojos pour le combat rapproché seront créés à l’ancienne base aérienne et un stand de tir souterrain sera finalisé à Sierre.

Quid du solde des bâtiments?

La police militaire n’occupera pas tous les bâtiments de l’actuelle base aérienne. Les box près des hangars Grély resteront sous l’autorité des forces aériennes. La base logistique (les différents garages et hangars situés au sud de l’autoroute) continuera de fonctionner selon le système actuel. Les bâtiments situés à l’est du portail d’entrée seront mis en vente de même que deux bâtiments tout au sud des casernes.

Au niveau des délais, les travaux préparatoires battent leur plein. Au printemps 2018, plus de 600 cadres et recrues sont attendus pour la première école de recrues. Ils seront près de 750 en été. Pour accueillir ces hommes et femmes, l’état-major de la police militaire devrait être opérationnel en septembre de cette année et les commandements d’engagement suivront en décembre.

Antoine Jacquod, commandant de la Base aérienne de Sion
«Nous nous battons pour chaque place de travail»

84 personnes sont actuellement concernées par la fermeture de la base aérienne de Sion. «On pensait tenir jusqu’à 2020, mais le service des vols militaires va s’arrêter à la fin de l’année», précise Antoine Jacquod, commandant de la base aérienne. Un commandant qui met tout en œuvre afin de trouver des solutions pour son personnel. «Nous sommes sur la bonne voie et nous multiplions les contacts. Dans le détail, quatre personnes travailleront pour le centre d’apprentissage qui sera maintenu. Vingt collaborateurs sont transférés au canton, ils assureront des prestations logistiques pour la police militaire. La base logistique de l’armée va conserver treize employés notamment pour gérer les infrastructures liées au carburant. Six gardiens seront repris par la police militaire et cinq spécialistes des transmissions œuvreront désormais pour la base d’aide au commandement. D’autres personnes ont trouvé des solutions soit au sein du DDPS soit dans le privé.»

Concernant les infrastructures, comme Sion restera une base de dégagement, les forces aériennes garderont les box à l’ouest de l’aéroport, près des hangars Grély. «Ces abris nous permettent d’être flexibles. Ils peuvent accueillir des jets de combat comme des F/A-18 ou des avions à hélices», explique le commandant de la base avant d’annoncer que toutes les obligations contractuelles prévues avec l’aéroport civil seront honorées. DV

 

Sion, Philippe Varone

«NOUS ALLONS TOUT FAIRE POUR QUE LES COLLABORATEURS DE LA POLICE S’INSTALLENT À SION»

«Nous sommes très heureux de voir une école de recrues s’installer à Sion. Pour notre économie locale, c’est évidemment quelque chose de très intéressant. L’arrivée de nouveaux travailleurs, et donc de potentiels nouveaux citoyens, est aussi suivie avec attention. Nous allons déployer tous nos charmes pour que les collaborateurs de la police militaire s’installent à Sion. C’est l’un des enjeux de ce gros changement.

Enfin, concernant les bâtiments de l’aéroport qui seront mis en vente, nous avons déjà des contacts avec Armasuisse. Ces infrastructures nous intéressent mais le choix final dépendra de nos réflexions sur l’avenir de l’aéroport. Les discussions avancent avec le canton.»

 

Savièse, Sylvain Dumoulin

«C’EST UNE BONNE NOUVELLE POUR LA COMMUNE NOTAMMENT DU POINT DE VUE ÉCONOMIQUE»

«Je suis très content de savoir que l’armée stationnera à Savièse, nous avons toujours eu de bonnes relations. C’est une très bonne nouvelle pour la commune notamment d’un point de vue économique puisque les militaires font marcher les commerces. L’armée a aussi la philosophie de consommer local donc cela sera intéressant pour nos enseignes.»

 

Chamoson, Claude Crittin

«CETTE NOUVELLE EST POSITIVE»

«Cela aurait été une déception de ne plus avoir de présence militaire à Chamoson. D’un point de vue économique, les militaires font fonctionner cafés, restaurants et commerces, c’est donc très intéressant pour la commune. Petit avantage pour nous par rapport aux forces aériennes, il y aura moins de matériel lourd donc moins de nuisances autour du stationnement. J’espère juste une présence régulière parce qu’apparemment la police militaire est souvent décentralisée.»

 

Commandant Christian Varone

«DES PISTES À EXPLORER POUR RENFORCER LE DISPOSITIF SÉCURITAIRE»

«Nous nous réjouissons de leur venue. C’est un partenaire important de la chaîne sécuritaire au niveau national. Nous avons déjà des contacts privilégiés avec la sécurité militaire puisque nous formons une partie de leurs aspirants à Savatan. Avec l’arrivée de la sécurité militaire, nous allons augmenter les synergies dans l’instruction et la mise à disposition d’infrastructures.

Avec le temps, nous allons réfléchir aux possibilités d’interopérabilité. Il y a des pistes à explorer pour renforcer le dispositif sécuritaire du canton. En cas de catastrophe, nous pourrions faire appel à leurs services. Idem lors d’un braquage, leurs unités pourraient réaliser des barrages et des postes d’observation. Il n’y a que des bénéfices dans l’arrivée de ce nouveau partenaire.» dv


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