20.06.2017, 00:01  

La géothermie monte en température

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 20.06.2017, 00:01   La géothermie monte en température

Par nicolas maury

Le projet de géothermie hydrothermale de Lavey est devisé à 26,5 millions de francs. Le financement est bouclé et la mise à l’enquête prévue début 2018.

Pompée à 3000 mètres de profondeur, l’eau atteindra 110 degrés en surface, à raison de 40 litres/ minute. «Elle y alimentera des turbines produisant de l’électricité pouvant couvrir les besoins de 700 à 1000ménages, détaille Pascal Helfer....

Pompée à 3000 mètres de profondeur, l’eau atteindra 110 degrés en surface, à raison de 40 litres/ minute. «Elle y alimentera des turbines produisant de l’électricité pouvant couvrir les besoins de 700 à 1000ménages, détaille Pascal Helfer. Mais le cycle ne sera pas terminé. Le liquide résiduel, à 65 degrés, alimentera les Bains-de-Lavey et pourvoira leurs installations en énergie.»

Financement sous toit

En quelques phrases, le directeur de projet résume le programme de géothermie unique en Suisse qui a été présenté hier à Lavey. «Les études sont réalisées et le financement bouclé», ajoute Jean-Yves Pidoux, président de la société AGEPP SA, qui pilote le dossier. «La prochaine étape consistera à obtenir l’autorisation d’exploration et d’exploitation avant de commencer le forage.»

Devisé à 26,5 millions de francs issus d’un partenariat public-privé (majoritairement public), le concept devrait entrer dans sa phase concrète début 2018, avec le processus de consultation publique. Le gros œuvre suivra en 2019 avec une mise en service prévue en 2020. «Le forage devrait durer quatre mois. Loin des habitations, il ne produira pas de nuisances, assure Pascal Helfer. Il sera vertical jusqu’à 2000 mètres de profondeur. Si nécessaire, nous pousserons jusqu’à 3000, mais en biais.»

Le pompage se déroulera dans une roche naturellement fissurée permettant la circulation de l’eau, sans recours au processus de fracturation hydraulique.

Pas vers une faille

Cet élément, la conseillère d’Etat vaudoise chargée de l’environnement, Jacqueline de Quattro, le répète: «Il n’y a pas de fracturation comme à Bâle et les strates géologiques ne sont pas comparables à celles de Saint-Gall. Le risque de tremblement de terre est éloigné!» Pascal Helfer précise: «Nous n’allons pas forer en direction d’une faille et les mesures actuelles montrent que la terre ne bouge pas à Lavey. Des précautions sont néanmoins prévues, avec la pose de sismographes ultrasensibles avant, pendant et après le forage.» Syndic de Lavey-Morcles, Yvan Ponnaz promet: «Nous savons que des inquiétudes existent. La population sera très régulièrement informée.»

La Confédération apporte aussi son soutien: «Ce programme s’insère dans la Stratégie énergétique 2050.» Si la phase d’exploration et d’extraction se déroule comme prévu, des serres ou une pisciculture pourraient se greffer sur le projet de départ. «Sans être très lucratif, celui-ci devrait être rentable si tout fonctionne. L’important, c’est l’impulsion donnée au niveau national», conclut Jean-Yves Pidoux.

Les anciens recourants convaincus

Au tournant des années 2010, lors d’une première phase de mise à l’enquête, le canton du Valais et les Bains-de-Lavey s’étaient opposés au projet. En 2012, le premier signait une convention avec Vaud et levait son veto: «Toutes les précautions ont été prises avec professionnalisme, notamment en ce qui concerne la sismicité», note le géologue cantonal valaisan Raphaël Mayoraz.

Quant au second, c’est en 2014 que la situation a été résolue: «Nous avons trouvé un accord en lien avec les risques d’approvisionnement liés au forage. Tout est réglé à satisfaction.» NM


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