11.09.2017, 17:45  

Zermatt Music Festival: la violoniste virtuose Esther Hoppe se confie avant son récital

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Pour Esther Hoppe, "il est plus facile de faire sa place à l'étranger qu'en Suisse".

 11.09.2017, 17:45   Zermatt Music Festival: la violoniste virtuose Esther Hoppe se confie avant son récital

musique classique - La scintillante violoniste suisse-allemande donnera un récital samedi au Zematt Musical Festival. Elle se livre sur le chemin parcouru et sur les difficultés, pour un artiste classique, de faire sa place en Suisse.

Esther Hoppe est l’une de ces virtuoses au grand cœur et à la musicalité indétrônables. La violoniste née à Zug s’est fait un nom à travers le monde comme soliste et partenaire de musique de chambre. Présente samedi pour un récital au Zermatt Music Festival, elle se confie sur son parcours, sa personnalité et son art.

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Dans votre carrière commencée à...

Esther Hoppe est l’une de ces virtuoses au grand cœur et à la musicalité indétrônables. La violoniste née à Zug s’est fait un nom à travers le monde comme soliste et partenaire de musique de chambre. Présente samedi pour un récital au Zermatt Music Festival, elle se confie sur son parcours, sa personnalité et son art.

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Dans votre carrière commencée à Bâle et étendue dans le monde entier, y a-t-il une étape qui vous a particulièrement marquée?
Elles ont toutes forgé la musicienne que je suis aujourd’hui. Après Bâle, je suis partie en Amérique, au Curtis Institute of Music à Philadelphie, et c’était complètement autre chose. Je suis ensuite allée à Londres, et cela a aussi été très inspirant de revenir vers l’Europe après avoir été en Amérique.

Vous parlez de la musicienne que vous êtes aujourd’hui. Comment vous décririez-vous en quelques mots?
Quand je fais de la musique, j’essaie de prendre le texte du compositeur très au sérieux et de le traduire en des couleurs et des caractères. Je tente de trouver ce que le créateur a voulu, c’est lui qui compte le plus. Je trouve ce processus très fascinant. En quelques mots: sensible, passionnant, plein de couleurs. 

Votre premier professeur de violon, Thomas Füri (ndlr: qui avait joué dans une fameuse scène de «Titanic»), vient de décéder il y a quelques semaines. Comment était-il?
Je l’avais en cours entre 14 et 19 ans, dans une phase assez importante. Il m’a formée humainement, il était lui-même très humain, pas seulement dans sa façon de jouer mais aussi dans sa façon d’être comme personne. Il n’était jamais égoïste, seule la musique importait. 

En tant que femme suisse dans le milieu du classique, était-il difficile de se faire une place à l’international?
Ce qui est drôle en Suisse, et je ne pense pas être la seule à penser cela, c’est qu’il est plus facile de faire sa place à l’international que dans son pays. C’est quelque chose d’assez spécial. J’ai joué avec beaucoup d’orchestres à l’étranger, mais pas trop comme soliste en Suisse.

Comment cela se fait-il?
Je pense que c’est une question de mentalité. J’ai l’impression que beaucoup de gens, en Suisse, croient que tout ce qui vient de l’étranger est forcément mieux, au niveau musical. On n’a pas vraiment confiance en les musiciens suisses. A l’étranger, je rencontre un respect que je trouve rarement ici. Je ne suis pas frustrée, mais c’est simplement la mentalité qui est quand même différente. Il y a beaucoup de musiciens du pays excellents qui partent et ne reviennent pas. C’est vraiment dommage, peut-être que ça va changer un jour.

Vous êtes soliste, professeur à l’université Mozarteum à Salzbourg et jouez dans des ensembles de chambre. Y a-t-il une de ces activités que vous aimez particulièrement?
Il faut un mélange. Dans ma personnalité, j’aime être sur scène comme soliste, mais pas seulement. J’apprécie être dans un groupe, mais si je faisais seulement ça, ça me manquerait d’être devant un orchestre. Enseigner et aider les étudiants est une chose que j’adore faire et qui m’aide moi-même à réaliser ce que je fais, en verbalisant des choses aux élèves. Quand j’enseigne des pièces que je joue ensuite moi-même, cela me donne un nouvel angle de vue.

Vous êtes maman et enceinte d’un deuxième enfant. La famille est-elle difficile à gérer?
Je pense que c’est compliqué à gérer pour chaque femme qui a une famille et qui continue à travailler. J’ai la chance d’avoir mon mari et mes parents et beaux-parents qui sont là et aident. Tout est une question d’organisation. On regarde ce qui est possible et ce qui est trop. J’essaie de trouver un équilibre qui marche pour la famille et pour moi.

Vous allez jouer deux sonates de Mozart et une de Poulenc à Zermatt. Que pouvez-vous nous dire sur ces pièces?
J’ai toujours eu un faible pour Mozart. Beaucoup de violonistes ont un peu peur de lui, je n’ai jamais eu ce problème. J’ai une espèce de connexion avec ce compositeur depuis toujours, une facilité venue de je ne sais où. J’adore aussi jouer de la musique du 20e siècle comme du Poulenc. Il y a d’ailleurs énormément de parallèles avec Mozart car c’était l’un de ses compositeurs favoris. On y retrouve une certaine sensibilité. Il y a tout dans sa musique, comme dans celle de Mozart.
 

Récital d'Esther Hoppe

Ce samedi 16 septembre à 17h à la Matterhorn Saal. Esther Hoppe (violon) et Finghin Collins (piano).
Au programme: 

  • Wolfgang Amadeus Mozart Sonata for Piano and Violin in BFlat Major KV 378
  • Francis Poulenc Sonata for Violin and Piano
  • Wolfgang Amadeus Mozart Sonata for Piano and Violin in E Minor KV 304

>>Retrouvez toutes les informations sur le Zermatt Music Festival en cliquant ici


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