12.09.2017, 18:36  

Idée des députés: produire plus les belles années pour compenser les effets du gel

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L'IVV verrait d'un bon oeil un certain lissage de la production viticole entre les années.

 12.09.2017, 18:36   Idée des députés: produire plus les belles années pour compenser les effets du gel

Viticulture - Le Grand Conseil a accepté un postulat demandant qu'après une année de disette, les vignerons puissent produire plus. Une idée qui lance le débat au sein des professionnels.

Pour compenser une année de gel ou de faible rendement, pourquoi ne pas laisser les vignerons produire plus l’année suivante? Le Grand Conseil n’est pas opposé à cette idée lancée par le PDC du Haut.

Produire 20% de plus après le gel

Dans le postulat que les députés ont accepté hier par 64 voix contre 38, les démocrates-chrétiens haut-valaisans notent: «En Valais, le volume de la récolte est fixé chaque année à...

Pour compenser une année de gel ou de faible rendement, pourquoi ne pas laisser les vignerons produire plus l’année suivante? Le Grand Conseil n’est pas opposé à cette idée lancée par le PDC du Haut.

Produire 20% de plus après le gel

Dans le postulat que les députés ont accepté hier par 64 voix contre 38, les démocrates-chrétiens haut-valaisans notent: «En Valais, le volume de la récolte est fixé chaque année à l’avance. Après les années à faible rendement, il faudrait donner aux viticulteurs la possibilité, l’année suivante, de laisser sur les ceps 20% de plus de raisin que ce que prévoit le règlement AOC. Cette mesure permettrait de compenser les pertes de l’année précédente.»

Le député Martin Lötscher, co-auteur de ce texte, demande «pourquoi faudrait-il couper des grappes qui vont manquer l’année suivante? En les gardant, on aurait un produit valaisan». Sous-entendu, le Valais ne serait alors pas obligé d’accepter d’ajouter des vins non valaisans à ses crus, le fameux coupage, qui a été accepté cette année.

Une bonne idée à affiner selon l’IVV

Président de l’Interprofession de la vigne et du vin (IVV), Yvan Aymon voit cette idée d’un bon œil. «Les députés ont compris la difficulté qu’il y a à trouver le point d’équilibre entre la vigne et le marché. La proposition va dans le bon sens.»

Reste à affiner la proposition émise par le PDC du Haut. Telle quelle, elle n’est pas conforme à l’Ordonnance fédérale, puisque celle-ci fixe une production maximale de 1,4 kilo au m2.

Yvan Aymon émet une solution en se référant à la situation vécue par le Valais l’année dernière. «En 2016, si toute la production de chasselas avait été mise sur le marché, il y aurait eu une baisse des prix. Nous avons donc déclassé une partie de la récolte, soit 150 grammes. Au moment du gel 2017, il aurait fallu  pouvoir reclasser ces 600 000 litres en AOC pour les mettre sur le marché.» Actuellement, une telle solution n’est pas possible.

Les avantages d’un lissage des millésimes

Cette manière de faire présenteraient de nombreux avantages. Les limites de production fédérale sont respectées, ce qui permet de ne pas toucher à la qualité; la production est conforme à la demande du marché. «C’est une solution qui a été mise en place dans plusieurs régions de production, en Champagne notamment. Les Vaudois tentent également de mettre en place une réserve climatique», indique Yvan Aymon.

Inconvénients soulevés

Tout le monde n’est pas d’accord avec cette solution. Ainsi, par exemple, Jacques Disner, de la Cave A Polyte à Chamoson, se montre critique. «Le vigneron qui a vu sa récolte déclassée a été payé entre 1 franc et 1,80 le kilo au lieu de 3,10. Si cette partie de la récolte se retrouve reclassée une année plus tard, le vigneron va se sentir lésé...» Il cite aussi ceux qui ont dû laisser sur la vigne le chasselas, faute de rentabilité suffisante avec un vin déclassé.

Le Chamosard craint aussi que cette solution «détériore l’image de l’AOC», en laissant penser aux consommateurs qu’il y a quelques arrangements là-dessous.

Le dossier passe maintenant en mains du Conseil d’Etat. 


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