07.09.2017, 00:01  

Un contrat, ça se respecte

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 07.09.2017, 00:01   Un contrat, ça se respecte

SÉRIE SUR LES TRANSFERTS (2/4) - Sur la glace, il est rare qu’un joueur quitte son club avant l’échéance de son contrat. Du coup, seules les unités de formation accompagnent les transferts d’un club à l’autre. Le hockey s’en contente volontiers.

Le hockey pourrait-il s’inspirer du football et se mettre à brasser des millions pour acquérir le futur international ou la prochaine perle? «Non, assurent les observateurs. D’abord, les clubs n’ont pas suffisamment de «cash» pour débourser de tels montants. Il y a peu de risque pour que cette pratique se généralise. Ensuite, ce n’est pas dans notre culture, ni...

Le hockey pourrait-il s’inspirer du football et se mettre à brasser des millions pour acquérir le futur international ou la prochaine perle? «Non, assurent les observateurs. D’abord, les clubs n’ont pas suffisamment de «cash» pour débourser de tels montants. Il y a peu de risque pour que cette pratique se généralise. Ensuite, ce n’est pas dans notre culture, ni dans les mœurs, que de faire du «business» sur le dos des joueurs.»

Les exceptions à cette règle sont à ce point rares qu’elles ont marqué les esprits, à l’instar de Kevin Romy, débauché de GE Servette par Lugano en 2005 avec l’assentiment de Chris McSorley qui avait réalisé, ce jour-là, une juteuse opération financière via une indemnité de 660 000 francs. Pourquoi n’y a-t-il pas davantage de transferts de ce type en Suisse? «En théorie, les ruptures de contrat pourraient aussi se monnayer au coup par coup, précise un agent de joueurs. Mais ce n’est pas dans notre mentalité. Tant mieux, d’ailleurs. Ainsi, le joueur n’est pas une marchandise entre les mains des dirigeants.» «D’ailleurs, un joueur qui rompt son contrat pour s’engager ailleurs s’expose à une pénalité considérable, explique Sébastien Pico, manager du HC Viège. Les montants à titre de dédommagement (ndlr: 1 million si le club acquéreur est en LNA, 600 000 francs s’il est en LNB) sont assez dissuasifs pour que la pratique reste exceptionnelle.»

En règle générale, un club attend donc que le joueur soit en fin de contrat pour s’y intéresser. Libre, il peut désormais changer de maillot. Jusqu’à 22 ans, le club acquéreur n’aura à régler que les unités de formation à ses clubs précédents. Des montants dérisoires en comparaison des salaires pratiqués et des sommes déboursées sur les terrains de foot. «A Viège, la balance négative entre l’argent que l’on doit aux clubs et celui que l’on encaisse pour les joueurs formés chez nous, c’est un montant à cinq chiffres», sourit Sébastien Pico.

En résumé, parce que le calcul est assez complexe par rapport à la ligue et au nombre de matchs disputés dans les différentes catégories de jeu, tous les joueurs âgés entre 6 et 22 ans valent des unités de formation appartenant à leur ou leurs clubs formateurs. La nouvelle organisation règle ainsi une location aux clubs précédents. «A Viège, le montant maximal que l’on verse pour un joueur, chaque année, est de 15000francs. En hockey, il n’y a pas de place à l’interprétation.Quant aux étrangers, il n’y a pas le moindre franc à débourser. Ce système est assez juste parce qu’il évite la surenchère et qu’il récompense les clubs formateurs. Ceux-ci sont prétérités puisque les joueurs quittent toujours plus tôt les clubs où ils ont grandi.»

Les clubs dépensent davantage pour les salaires

Grasshopper, en LNB, réputé pour aligner essentiellement des jeunes, peut percevoir des montants de plusieurs centaines de milliers de francs. Ces unités de formation sont encaissées par le club qui possède la licence A du joueur. «Quand Berne nous prête un joueur en licence B, cette dernière n’est pas à notre charge. Par contre, nous ne percevons pas ses unités de formation, quand bien même il disputerait toute la saison à la Litternahalle», précise le dirigeant haut-valaisan. «Les clubs dépensent davantage pour les salaires, ce qui profite directement aux joueurs», relève notre agent.

Il n’y a pas de période de transferts

Le système des transferts serait quasi idéal si les clubs s’appuyaient sur le même contingent du début à la fin de la saison. Or, les transferts et les prêts, surtout via les licences B, sont monnaie courante en plein exercice. Il n’y a pas de période de transfert. «Non, mais le principe des licences B permet à chacun d’évoluer dans la catégorie qui lui correspond et où il pourra continuer à progresser. Sinon, les transferts ne sont pas si nombreux durant la saison.»

En 2015, afin d’éviter qu’un joueur ne fasse le tour de la Suisse, les clubs avaient décidé de limiter ses mouvements à un seul transfert en cours de saison. En cas de retour dans son club d’origine, il devra purger un match de suspension. «Pour conclure, la ligue a su instaurer des garde-fous à tous les niveaux afin d’éviter la surenchère et certaines dérives», se réjouit Sébastien Pico.


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