11.09.2017, 00:01  

La confirmation d’un prodige

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Comme s’il avait vingt ans de carrière, l’Anglais de 23 ans a parfaitement su maîtriser ses nerfs pour arborer la veste rouge du vainqueur.

 11.09.2017, 00:01   La confirmation d’un prodige

GOLF - Au terme d’un triple barrage d’anthologie avec l’Australien Scott Hend, Matthew Fitzpatrick s’est adjugé l’European Masters de Crans-Montana. Son premier, à 23 ans, mais sûrement pas le dernier.

Matthew Fitzpatrick soulève sa casquette et pousse un soupir de soulagement. Sa joie est contenue après quarante éprouvantes minutes à l’issue desquelles le jeune Anglais vient de remporter l’Omega European Masters face à l’Australien Scott Hend qui a complètement craqué.

Au bout du suspense. Du troisième play-off. Palpitant. Comme les pulsations cardiaques des deux hommes, dont les nerfs ont été...

Matthew Fitzpatrick soulève sa casquette et pousse un soupir de soulagement. Sa joie est contenue après quarante éprouvantes minutes à l’issue desquelles le jeune Anglais vient de remporter l’Omega European Masters face à l’Australien Scott Hend qui a complètement craqué.

Au bout du suspense. Du troisième play-off. Palpitant. Comme les pulsations cardiaques des deux hommes, dont les nerfs ont été mis à rude épreuve, qui se sont rendu coup pour coup. Sous la pression, c’est le benjamin de 23 ans, qui participait pour la première fois de sa carrière à un play-off, qui a le mieux maîtrisé ses nerfs pour devenir le troisième plus jeune vainqueur de l’histoire du tournoi derrière deux monuments: José Maria Olazabal (20 ans) et Severiano Ballesteros (22 ans).

Scott Hend a encore flanché face à la pression

Il s’en est fallu pourtant de peu. De quelques millimètres. Au deuxième tour des play-off, Scott Hend avait une balle de match, une vraie. A un mètre et demi du trou, il a manqué un putt tout fait. Un putt qui lui aurait permis – en plus de toucher un chèque de 450 000 euros contre les 300 000 promis au deuxième – de savourer une délicieuse revanche après avoir perdu il y a un an, ici même, contre Alex Noren, toujours en play-off. Satanée pression que l’Australien, qui a fait course en tête dès les premiers drives joués jeudi, n’arrive à gérer. Hier matin, à l’issue du troisième tour, il comptait trois coups d’avance sur son dauphin Fabrizio Zanotti – finalement 3e à égalité avec l’Anglais Tyrrell Hatton – et quatre sur le futur vainqueur.

Mais Matthew Fitzpatrick a réalisé un dimanche de feu faisant face aux autres éléments, l’eau et le vent, qui furent bien capricieux durant le week-end. «J’ai réussi des coups magnifiques et exécuté plusieurs birdies, mais j’ai aussi eu beaucoup de chance, concédait, en toute modestie, le nouveau champion qui a pleinement mérité son succès. Je suis heureux car j’ai joué très intelligemment durant l’ensemble de la semaine et j’ai su garder mes nerfs lorsqu’il le fallait.» Le jeune homme n’a jamais semblé être gêné par l’importance de l’enjeu. Une véritable force tranquille maîtrisant ses gestes et ses émotions comme s’il avait déjà vingt années de carrière derrière lui. «L’assassin au visage d’enfant», comme l’ont surnommé ses coachs Mike Walker et Pete Cowen.

Quatre succès en trois ans pour ce talent précoce

Matthew Fitzpatrick, si souvent chambré pour son visage juvénile, confirme tout son (immense) talent. Lui, le supporter de Sheffield United que l’on appelle Mondeoman – en référence à la voiture qu’il conduisait il y a encore peu – dénombre déjà quatre victoires sur l’European Tour alors qu’il n’est professionnel que depuis trois ans. «Je suis surpris de tout ce que j’ai accompli jusqu’ici. Mais je bosse également dur pour progresser rapidement. Mes parents me répètent sans cesse que le travail paie toujours, poursuivait l’Anglais en référence à une saison 2017 jusqu’ici compliquée. J’ai beaucoup souffert, contrairement à l’année dernière. J’avais perdu mon swing. J’ai dû changer mon entraînement, devenir plus organisé, plus structuré. Cette victoire me donne une belle dose de confiance, car je sais que je travaille dans la bonne direction.»

La valeur n’attend pas le nombre d’années. Matthew Fitzpatrick drive sur les traces des plus grands. Ses qualités et son flegme sont déjà vantés par de nombreux joueurs sur le circuit. Le jeune Anglais a tout d’un grand.


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