19.06.2017, 23:08

Brexit, en route vers le divorce

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Le Royaume-Uni (à gauche, son secrétaire d’Etat, David Davis) et l’Europe (représentée ici par le négociateur en chef de l’Union européenne sur le Brexit, Michel Barnier) vont vers une séparation douloureuse...

 19.06.2017, 23:08 Brexit, en route vers le divorce

Par Tanguy Verhoosel

Les négociations sur la sortie du Royaume-Uni ont débuté hier. Tout porte à croire qu’elles seront difficiles...

L’ordre des annonces qu’a faites, hier, le chef du service du porte-parole de la Commission européenne, lors du briefing de presse quotidien, à midi, reflète bien celui des priorités de l’exécutif de l’Union européenne: le lancement, tardif, des négociations sur le Brexit n’est arrivé qu’en sixième position. Pour Bruxelles, il n’est pas question que la machine communautaire grippe à...

L’ordre des annonces qu’a faites, hier, le chef du service du porte-parole de la Commission européenne, lors du briefing de presse quotidien, à midi, reflète bien celui des priorités de l’exécutif de l’Union européenne: le lancement, tardif, des négociations sur le Brexit n’est arrivé qu’en sixième position. Pour Bruxelles, il n’est pas question que la machine communautaire grippe à cause de la sortie annoncée du Royaume-Uni de l’UE, fût-elle parsemée de chausse-trappes.

Un an après que les Britanniques ont décidé, par référendum, de quitter l’UE, c’est dans une atmosphère de «drôle de guerre», hier, que les négociateurs en chef des deux bords, le secrétaire d’Etat britannique David Davis et l’ancien ministre français et commissaire européen Michel Barnier, ont officiellement commencé à s’entretenir du «retrait ordonné» d’Albion du club européen. Il aura lieu le 29 mars 2019, à moins que Londres et les Vingt-Sept s’entendent pour prolonger au-delà de la période de deux ans, prévue par les traités européens, les discussions sur les modalités de leur divorce.

A l’issue de leur réunion, David Davis et Michel Barnier se sont montrés prudemment satisfaits. La discussion a été «utile», a souligné le Français, en notant que Londres et Bruxelles se sont entendus sur l’organisation des pourparlers et les thèmes prioritaires qui seront abordés. Le Britannique a quant à lui parlé d’un entretien «constructif».

Trois dossiers brûlants

Le Royaume-Uni semble s’être rendu à la raison, qui souhaitait négocier en parallèle les modalités de son divorce d’avec l’UE et l’accord de libre-échange qu’il entend conclure avec ses futurs ex-partenaires: les Vingt-Sept refuseront de baliser l’avenir de leurs relations avec Londres aussi longtemps que des «progrès suffisants et concrets» n’auront pas été enregistrés dans trois dossiers qualifiés de «brûlants» par Michel Barnier: la «sécurisation» des droits des citoyens européens vivant sur l’île, le règlement de la facture du Brexit (entre 60 et 100 milliards d’euros pour Londres), la préservation du processus de paix en Irlande du Nord, que pourrait menacer l’érection d’une nouvelle frontière avec la République d’Irlande.

Michel Barnier et David Davis se sont déclarés «déterminés» à résoudre «le plus rapidement possible» ces trois casse-tête. Dans ce contexte, la première ministre britannique, Theresa May, fera déjà une «mise au point» sur la libre circulation des personnes jeudi soir, à l’occasion d’un sommet européen auquel elle participera, à Bruxelles. Un document détaillant l’offre britannique sera ensuite publié, le 26 juin.

Le hic, c’est que personne ne sait combien de temps elle sera valable, en raison de la fragilité du gouvernement britannique. Theresa May est en effet sortie très affaiblie, le 8 juin, des élections législatives anticipées qu’elle avait provoquées (son Parti conservateur a perdu la majorité absolue qu’il détenait à la Chambre des communes) et de sa piètre gestion du drame de la tour Grenfell, à Londres. Elle prête désormais le flanc à de nombreuses critiques au sein-même de son équipe.

David Davis a affirmé que «les circonstances n’ont pas changé», en tout cas. Le Royaume-Uni lorgne toujours un «Brexit dur», qui le conduirait à déserter l’Union douanière et le marché intérieur européens, en vue de pouvoir reprendre le contrôle de sa politique commerciale et – dans la limite du possible – de l’immigration.


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