19.06.2017, 23:08

Attaque terroriste contre des musulmans

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L’attaque a eu lieu à Finsbury Park, dans le nord de Londres.

 19.06.2017, 23:08 Attaque terroriste contre des musulmans

Par Londres, Florentin Collomp, Le Figaro

Il était minuit vingt, dans la nuit de dimanche à hier, quand une camionnette blanche a foncé sur des passants sur le trottoir, entre deux lieux de culte musulman du nord de Londres, la mosquée de Finsbury Park et la Muslim Welfare House, séparés de moins de cinquante mètres. Une personne est morte sur place après une crise cardiaque,...

Il était minuit vingt, dans la nuit de dimanche à hier, quand une camionnette blanche a foncé sur des passants sur le trottoir, entre deux lieux de culte musulman du nord de Londres, la mosquée de Finsbury Park et la Muslim Welfare House, séparés de moins de cinquante mètres. Une personne est morte sur place après une crise cardiaque, sans qu’il soit certain que son décès soit directement lié à l’attaque. Dix autres ont été blessées – toutes musulmanes.

Le conducteur a été maîtrisé par des témoins, jusqu’à son arrestation par la police, quelques minutes plus tard. Entre-temps, un imam s’est interposé pour éviter que violence ne lui soit faite. L’attaquant a été entendu dire vouloir «tuer les musulmans». «Il savait parfaitement ce qu’il faisait. Il faisait des signes de victoire. Il est arrivé à plus de 100km/h, a choisi le lieu, le moment et sa cible», raconte Athmane, 31 ans, qui venait de sortir de la mosquée pour aller acheter à manger.

Une volonté d’apaisement

Hier, ce quartier populaire et multiethnique était sous le choc. «Une attaque contre une religion est une attaque contre toutes les religions. Nous devons nous rassembler», implorait Adrian Newman, l’évêque anglican local, venu montrer sa solidarité aux côtés de ses homologues juif et musulman. Une volonté d’apaisement, quand beaucoup, sur place, se plaignaient que l’attaque n’aurait pas été traitée par les médias de la même façon que les trois attentats islamistes de ces dernières semaines au Royaume-Uni. «Les gens sont en colère. C’est une attaque terroriste, ce n’est pas différent des attentats de Westminster, de Manchester ou de London Bridge, et nous devons l’appeler comme tel», a déclaré Mohamed Kozbar, responsable de la mosquée de Finsbury Park. Cet ancien fief du «Londonistan» islamiste est désormais très actif dans le dialogue interreligieux et la lutte contre l’extrémisme. Une veillée de rupture du jeûne œcuménique y avait été organisée, samedi, avec de nombreux invités.

«Le Terrorisme est le terrorisme, qu’il soit inspiré par l’islam ou autre chose», insistait le maire musulman de Londres, Sadiq Khan. L’attaque a été classée comme terroriste par la Metropolitan police. Des renforts policiers ont été annoncés pour protéger les lieux de culte musulmans pendant le ramadan. La première ministre, Theresa May, a dénoncé un attentat «écœurant».«Il y a eu beaucoup trop de tolérance depuis des années dans notre pays pour l’extrémisme, y compris l’islamophobie.»

«Un risque d’escalade»

Vidhya Ramalingam, fondatrice de Moonshot CVE, qui conseille le gouvernement sur la lutte antiterroriste, craint «un risque d’escalade». «On voit des extrémistes de toute nature s’inspirer des méthodes de l’Etat islamique, qui ne sont pas réservées aux djihadistes», explique-t-elle. Un quart des signalements au programme national de lutte contre la radicalisation concernent des militants d’extrême droite, face à une majorité de cas liés à l’islamisme. Les délits racistes à caractère islamophobe ont augmenté de 40% depuis l’attentat de London Bridge. Londres, Florentin Collomp, Le Figaro


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